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Le patrimoine

Le Service du Patrimoine est chargé de mettre en œuvre les actions de valorisation de l’architecture et du patrimoine, conformément à la convention Ville d’art et d’histoire, passée entre la Ville et l’Etat le 18 février 2012.

Il a pour mission de sensibiliser le public local à son cadre de vie, de proposer un tourisme de qualité et d’élaborer des outils d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (table d’orientation, parcours urbains…). Il assure notamment une politique éditoriale, dans la collection « Laissez-vous conter » qui décrypte le patrimoine et les monuments des Villes et Pays d’art et d’histoire. Par ailleurs, le Service du Patrimoine accompagne la construction des projets pédagogiques à l’attention des jeunes publics. Il est aussi un interlocuteur pour les projets patrimoniaux.

Bernay, Ville d’Art et d’Histoire

L’attribution du label

Bernay est la seule ville de l’Eure appartenant au réseau des Villes et Pays d’art et d’histoire. Sa candidature fut admise en juin 2011 par la « Commission nationale des Villes et Pays d’art et d’histoire ». Le 18 février 2012, la convention était signée, attribuant le label à Bernay et fixant ses missions prioritaires. La création du service du Patrimoine, en mars suivant, amorça les actions de valorisation à l’attention des habitants et des touristes.

Les missions du service : l’accès à la culture et la conservation du patrimoine

Afin de favoriser l’accès à l’histoire de la ville de Bernay, le service du Patrimoine crée des outils pédagogiques privilégiant une approche multisensorielle qui s’adresse à tous : parcours en autonomie par QR code, plan et reproductions tactiles, visites guidées et animations événementielles ont été les premiers exemples de cette démarche. Dans cette même perspective, le service du Patrimoine travaille aujourd’hui à l’aménagement de son Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP).

Riche d’un patrimoine sauvé des bombardements de la seconde guerre mondiale, la ville de Bernay possède 10 sites protégés au titre des Monuments Historiques dont 4 appartenant à la municipalité. Afin d’organisation leur préservation, le service du Patrimoine travaille à la mise en place un plan raisonné de restauration.

Les monuments historiques

L'Abbaye Notre-Dame de Bernay

L’abbaye Notre-Dame, aujourd’hui millénaire, règne sur un quartier paisible. La place Gustave Héon, redessinée en 2014, sert de cadre aux spectacles, concerts et bals organisés par la Ville. Le jardin public – vestige des jardins monacaux -, est un refuge pour les oiseaux (sanctuaire labellisé par la Ligue Pour les Oiseaux). Les flâneurs viennent s’y ressourcer, s’y divertir ou découvrir les différents dispositifs pédagogiques permettant de comprendre le site.

UN ENSEMBLE D’EXCEPTION

L’abbaye bénédictine de Bernay est fondée par Judith de Bretagne, épouse du duc de Normandie. Ce geste de piété est également un acte d’aménagement du territoire qui permet de dynamiser cette partie de la Normandie, encore en reconstruction après la période trouble des exactions Vikings. L’abbatiale romane érigée par la duchesse est l’une des plus anciennes de Normandie. Elle est environnée des bâtiments conventuels, du logis de l’abbé, d’une partie de ses cours et jardins – aujourd’hui places et parc publics.

La variété des édifices créés dans l’ancien enclos abbatial, entre la Révolution et le début du 20e siècle, confère beaucoup de charme au quartier.

UNE EXPRESSION DE L’ART NORMAND

Deux grands architectes ont dressé les plans de l’abbaye au cours de l’histoire.

L’abbatiale du XIe siècle est l’œuvre de l’abbé-architecte Guillaume de Volpiano. Répondant à l’appel du duc de Normandie, il vient de Bourgogne accompagné de sculpteurs. Leur travail fait de Bernay l’un des berceaux de l’art roman.

Les bâtiments conventuels sont  reconstruits à la fin du 17e siècle. Ils sont dessinés par un autre moine : Guillaume de La Tremblaye, un Bernayen formé à l’abbaye du Bec-Hellouin. En tant que sculpteur et architecte, il intervient aussi sur l’abbaye aux Hommes de Caen et dans de nombreuses autres grandes abbayes de l’ordre mauriste, y compris hors de Normandie, comme à l’abbaye Saint-Faron de Meaux et ou sur le chantier de l’abbaye royale de Saint-Denis.

UNE CITE ADMINISTRATIVE

La Révolution donne une seconde vie à l’abbaye, en tant que pôle administratif. Nationalisée, plusieurs administrations s’y côtoient successivement : prison, tribunaux, services du Département, Mairie, Sous-Préfecture… tandis que l’abbatiale, désaffectée, est transformée en halle au grain depuis 1813. Elle connaitra, en deux siècles, une vingtaine de projets d’aménagement dont certains ne seront jamais été réalisés.

Le départ de la prison, les fouilles et projets de restauration de l’église – au milieu du 20e siècle –  puis l’aménagement d’une salle de spectacle, à l’emplacement du cloître, fixent  le visage actuel de l’abbaye. L’inauguration de l’abbatiale restaurée, en 1989, a permis de restituer ce patrimoine à la population, en lui donnant une vocation culturelle. L’édifice accueille visites guidées, expositions et spectacles. Les absides du chœur, restituées et couvertes d’un essentage – une technique de parement des murs avec à l’aide de tuiles de châtaignier -, sont devenues une des icônes de la ville de Bernay.

L'église Sainte-Croix

L’église paroissiale Sainte-Croix, est érigée en plein cœur de ville. Sa tour impressionnante – qui, les jours de brouillard, semble agripper le ciel – est visible depuis les abords de la ville. Cet édifice a, de plus, la curieuse particularité d’avoir été fondée deux fois.

PREMIÈRE FONDATION

Mentionnée dès le 11e siècle, Sainte-Croix n’est alors qu’une chapelle qui devient église paroissiale au 13e siècle. Cette église, qui dépend de l’abbaye Notre-Dame de Bernay, est entourée de son cimetière qui donne son nom à la rue, dite « de L’Estre » (estre, aistre, aître signifient cimetière), actuellement rue Alexandre.  En 1357, sur ordre de Charles le Mauvais – roi de Navarre -, l’église est détruite en raison de sa proximité avec l’abbaye, seul point fortifié de la ville. Cette décision est probablement motivée par les progrès des armes de guerre qui devaient permettre d’utiliser Sainte-Croix pour atteindre l’abbaye. Une chapelle et le cimetière existent à cet emplacement  presque jusqu’à la Révolution.

GOTHIQUE DU XIVE AU XIXE SIÈCLE

En 1372, Bellot Taillefer, paroissien de Sainte-Croix, lègue sa propriété au bord du Cosnier pour la construction d’une nouvelle église. Le chœur et la croisée du transept sont érigés avant la fin du siècle. Au 15e siècle, sont élevées la façade et la partie nord de l’édifice puis, au siècle suivant, sont construites les parties sud et la tour. Les bas-côtés du chœur, datent du 19e siècle.

Seule décor non gothique de l’édifice, le portail néo-classique est construit en 1724.

UN ENSEMBLE D’EXCEPTION

Après la Révolution, la paroisse obtient une partie du mobilier et des œuvres d’arts saisis à l’abbaye du Bec-Hellouin, parmi lesquelles les pierres tombales des abbés et un ensemble statuaire remarquable. L’autel-majeur est l’œuvre de l’artiste bernayen Guillaume de La Tremblaye, moine au Bec Hellouin. Cet autel est surmonté d’un majestueux baldaquin est orné de statues représentant la Sainte Famille. Les vitraux, du 19e siècle, sont réalisés par l’atelier Duhamel-Marette, d’Evreux et présentent un cycle de la vie du Christ – cohérent avec la dédicace de l’église à la Sainte-Croix, dont elle aurait eu un fragment.

La Basilique Notre-Dame de la Couture

Accrochée au flanc occidental de la vallée de la Charentonne, la basilique Notre-Dame de La Couture est la destination des trois routes menant dans cet ancien hameau. Née d’un miracle, elle est aussi un centre de pèlerinage voué à la Vierge.

UNE LÉGENDE EN GUISE D’ACTE DE FONDATION

Il est dit qu’un troupeau paissait au lieu de La Culture, lorsqu’un des moutons se mis à gratter le sol avec insistance. En fouillant ainsi la terre, il mit au jour une statue de la Vierge. De cette découverte miraculeuse, naissent, au 11e siècle, un pèlerinage et une chapelle.

Au XIIIe siècle, ce sanctuaire dédié à la Vierge est l’église paroissiale de la seigneurie de la Comté, qui règne sur la partie ouest de Bernay et ses hameaux. Il reçoit même la visite du roi Louis XIII. L’église est agrandie en plusieurs campagnes de travaux entre le 2e tiers du 14e siècle et le milieu du 16e siècle.

Le pèlerinage survécut à la Révolution. L’église avait néanmoins été endommagée, perdant notamment les sculptures de son portail. Elle fut restaurée par un élève de Viollet-le-Duc : l’architecte Darcy qui lui construisit, pour son transept, une extraordinaire voûte en profil de trèfle. Les murs et colonnes furent parés de peintures murales néogothiques. En 1950, l’église fut érigée en basilique. Une importante procession s’y déroule encore chaque année à la fête de la Pentecôte, ralliant des confréries de dévotion : les charitons.

UNE PARURE DE LUMIÈRE

L’église de La Couture est ornée de vitraux datant du 14e au 19e siècle. Un premier groupe, médiéval, représente des saints patrons au-dessus des donateurs en prière. Quelques verrières tableaux (où une seule scène occupe l’ensemble de la fenêtre) de la fin du Moyen Âge sont consacrées à la filiation de la Vierge. C’est le cas, notamment, d’un arbre de Jessé – arbre généalogique du Christ –donné par Jean Fourmage, secrétaire du roi Charles VII.  Un groupe de verrières, dans le sanctuaire illustre l’intercession de la Vierge : Marie y est couronnée devant toutes les couches sociales de la population et intervient en la faveur des pêcheurs pour le pardon de leurs fautes. Les baies Renaissance des chapelles, autour du chœur, sont consacrées à un cycle christique, dont une entrée à Jérusalem. Les  vitraux du 19e siècle s’inscrivent de manière cohérente dans la continuité de ces  thématiques. L’ensemble compte également un rare vitrail du 17e siècle, signé par un Bernayen. Il représente une Vierge des sept douleurs, presque extatique dans sa souffrance, presque baroque.

D’autres édifices privés sont protégés au titre des Monuments Historiques :

  • la maison du 5, rue des sources (inscrite en 1933),
  • la maison du 16, rue de Lisieux (inscrite en 1933),
  • la maison du « comte d’Alençon » du 4 et 6, rue Thiers (inscrite en 1933),
  • la maison de l’ancien hôtel de ville du 9, rue Thiers (inscrite en 1932),
  • la maison du 6 et 8, rue Auguste Leprévost (inscrite en 1927).

Contact

Service du patrimoine
Place Gustave-Héon / 27300 BERNAY
Tél. : 02 32 46 63 22
E-mail : patrimoine@bernay27.fr